Ce que disent certains Lyonnais du Projet Dessinons Le Monde Ensemble dans le Musée Guimet de Lyon

Nous avons interrogé quelques lyonnais jeunes et moins jeunes, à propos du Projet que nous proposons. Notre objectif était de confronter celui-ci aux idées des citoyens et des professionnels.

Voici quelques-unes des réponses que nous avons reçues.

L’innovation propose un concept transverse ; il aborde tous les champs des activités humaines. Peut-être serait-il pertinent de le rattacher à l’histoire d’un territoire pour l’illustrer. D’autant que Lyon possède quelques références en la matière. Comprendre l’innovation par des récits. L’innovation par le croisement de technologies, comme le textile et la botanique, la chimie et le textile, la santé et la molécule, l’électricité et le cinéma, le numérique et le jeu vidéo. Évoquer l’innovation par des ateliers de découverte en installant des dispositifs simplifiés (mettre le visiteur en situation et le conduire vers la compréhension des phénomènes). Anticiper l’innovation par un lieu de rencontres et d’échanges ; par la création d’un évènement. Souvent l’innovation procède du hasard des circonstances ; les circonstances demandent un lieu où la chose puisse se réaliser, le hasard un croisement humain.

Le Musée Guimet, une drôle histoire. Du cocasse de la curiosité à la puissance de l »Empire, du froid glacis à la chaleur muséale. Une nouvelle histoire à proposer, sûrement. Un nouveau lieu à inventer. L’innovation passe (forcément) par des hybridations de savoirs, des croisements de technologies, des rencontres humaines, des fulgurances de l’imagination humaine, des désirs de l’imaginaire humain, du délire ou de la facétie de la nature. Un nouveau lieu comme un moyen de créer un tel réceptacle. Une sorte d’Académie du changement et de la transformation.

Des choses matérielles et des objets numériques, des éléments patrimoniaux et des données holographiques. Faire venir et voir (l’objet voyage par l’achat ou le pillage), faire parvenir et montrer (transférer la donnée par le réseau d’échanges), faire voyager et découvrir (relocaliser un contexte par la transportation). S’affranchir du temps, des distances et des contingences. Un lieu avec des choses à voir, des discussions à tenir, des éléments à échanger, des objets à transporter, des savoirs à consulter, des essais à expérimenter, des idées à imaginer, des projets à initier. Cinq principes à poser comme les doigts (agiles) d’une main. Rassembler, hybrider, échanger, fertiliser, développer.

Jacques, Ingénieur Conseil, 70 ans, Lyon.


Je pense que faire du Musée Guimet un lieu dédié aux innovations est une idée tout à fait novatrice et intéressante. Nous sommes très gâtés à Lyon et avons déjà de nombreux musées d’art classique contemporains de civilisations, etc. Il me semble que mettre en lumière les épopées industrielles et les lier aux innovations futures sous un angle nouveau permettrait aux lyonnais et français de se réconcilier avec leur industrie, trop souvent perçue sous l’angle de la financiarisation uniquement. Hors les histoires industrielles de notre région sont des aventures collectives ouvrant parfois la voie à des changement de société . Ces industries abritent des gens curieux passionnés et inspirants. Par ailleurs un lieu pluridisciplinaire est aujourd’hui plus que nécessaire, le temps des silos et des séparatismes culturels s’efface au profit d’une vision plus globale. Je trouverais cette initiative très pertinente et passionnante.

Je vois ce lieu comme un peu désuet, les collections d’histoire naturelle que nous montrions à nos enfants et que j’allais voir avec ma famille. Mais un personnage très moderne en son temps, un génial touche à tout avec une vision artistique, industrielle et humaine formidable.

Ce lieu pourrait être une parfaite incarnation du génie humain dans tous les domaines. Conserver le lieu et le moderniser bien sûr, lui redonner sa place dans le patrimoine en lui rendant un peu de faste mais sans ostentation, créer des expositions, des rencontres, des conférences, un lieu pour apprendre de notre histoire industrielle riche et appréhender les enjeux collectifs de demain.

Sophie, lyonnaise de 49 ans, Manager en relocation.


Pour promouvoir l’industrie et la culture, je vois bien cet endroit pour accueillir des expositions qui mêleraient à la fois des industries traditionnelles indispensables ( mécanique, textile, chimie …) et des start up’. L’avantage est que l’agglomération lyonnaise est fortement pourvue dans ces 2 domaines.

En plus le brassage des idées et points de vue de plusieurs générations est toujours passionnant.

Le musée Guimet évoque ma jeunesse car, situé non loin de mon domicile, je m’y rendais pour admirer les œuvres préhistoriques et notamment l’immense dinosaure situé à l’entrée.

Cet endroit magique me paraît parfaitement adapté à un tel projet.

Patrice, 72 ans, Ancien Industriel, Retraité, Lyon 69004


Il me semble indispensable de faire connaître la science et d’ouvrir les esprits par l’art et la culture.

Par ailleurs, maintenant que les pouvoirs publics semblent avoir pris conscience de notre vulnérabilité, avec par exemple le fait de n’avoir pu fournir de masques au début de l’épidémie de Covid, ni créer de vaccins… il est urgent de réindustrialiser, de renforcer la recherche et les compétences. Donc, un lieu dédié serait le bienvenu. Par ailleurs, apprendre l’histoire de l’industrie, les innovations et les investissements nécessaires est important. Il fut un temps où le fils à couper le beurre était le nec plus ultra, avant d’avoir des barquettes standardisées et pré emballées.

Le musée Guimet fut dans le passé un lieu où l’on pouvait voir un squelette de mammouth et donc imaginer le passé, puis se rendre compte des avancées de l’aviation. Sa rénovation avec des salles dédiées au passé (par exemple les nouvelles théories sur l’extinction des dinosaures avec des animation), d’autres sur le metavers et le quantique (avec d’autres animations, des conférences…), me semble être une ambition raisonnable et souhaitable.

Bruno, 59 ans, lyonnais, chef d’exploitation agricole près de Grenoble.


Il faut en faire un lieu vivant accessible à tous les âges. Un lieu d’exposition temporaire, interactif (réalité virtuelle, etc… ), un lieu d’ateliers ludiques sur les différentes innovations. Un lieu où les jeunes aimeraient s’y rendre pour élargir leur culture. Un lieu dédié de la maternelle à 99 ans ! mais cela ne peut se faire que par des ateliers temporaires destinés à chaque âge.

J’aimais beaucoup ce musée qui était certes désuet mais tellement magique. Les enfants aimaient beaucoup ce musée avec la galerie des animaux empaillés, les grands squelettes etc…

Ce lieu est une bonne idée pour accueillir un tel projet ! Avec la conservation des bâtiments anciens, avec la galerie ! En mélangeant des structures avec des matériaux actuels et une décoration moderne.

Isabelle, enseignante, 56 ans.


Quand j’ai emménagé à Lyon, le Musée était déjà fermé mais j’ai toujours apprécié son architecture et son emplacement. J’aime bien cette partie de notre quartier, tout près de la Reine Astrid et en face de magnifiques villas qui longent le parc.

Comment présenter l’histoire de l’industrie dans un musée ? Difficile sûrement d’exposer de très volumineuses machines industrielles mais présenter les enregistrements (films), où on voit le travail à la chaîne, c’est tout à fait faisable.

L’évolution donc à partir de simples outils vers les objets de plus en plus sophistiqués, de plus en plus robotisés. La conception et la création, ainsi que la programmation de tels engins, bien expliquées, ça pourrait intéresser les visiteurs.

De là, se diriger vers les ateliers… pour fabriquer un objet ( le programmer et ensuite l’imprimer en 3D)… et parler de la matière première dans laquelle il est produit.

Je sais qu’à Paris, le joaillier Van Cleef and Arpels propose les ateliers durant lesquels la conception, la création, la réalisation des bijoux sont présentées mais également l’étude des pierres précieuses, la manière dont elles sont taillées. Tout un processus donc sans oublier les archives de la maison avec les dessins et photographies des joyaux.

Bref, quelque chose dans ce style, pour parler de l’industrie et des sciences. Assez palpable.

Joanna, lyonnaise originaire de Pologne, 47 ans


Je vois un lieu qui soit dédié aux innovations passées pour les transmettre aux visiteurs et faire connaître l’histoire industrielle mais aussi sociales, le présent pour leur permettre de s’approprier les innovations actuelle, le futur pour co-créer les innovations de demain.

Je vois un lieu qui valorise les 3 dimensions = le passé pour ceux qui aiment l’histoire et valoriser toutes les découvertes qui ont fait avancer le progrès, le présent pour parler des actualités lyonnaises dans le rayonnement et les découvertes, le futur pour impliquer tout le monde sur la vision de demain

C’est un lieu chargé d’histoire, oublié et qui doit absolument renaître en faisant des ponts avec les visiteurs du parc notamment, les touristes, le monde économique !

C’est un lieu ouvert aux chercheurs, aux entreprises et au grand public ouvert en partie 24 h sur 24 (l’image du cerveau qui bouillonne). Un lieu d’échanges notamment pour les scolaires et les entreprises, une banque d’informations pour tous, et un show room qui propose de montrer les dernières innovations de la métropole lyonnaise

Thierry, 52 ans, responsable des relations école-entreprises – Lyon 8ème


J’imagine un lieu qui soit dédié aux innovations passées pour les transmettre aux visiteurs et faire connaître l’histoire industrielle mais aussi sociales, le présent pour leur permettre de s’approprier les innovations actuelle, le futur pour co-créer les innovations de demain. Il doit être un lieu d’exposition accessible au grand public, adapté aux enfants proposant des ateliers, des évènements avec des start-ups …

C’est pour moi un vieux musée qui est fermé depuis longtemps. L’architecture du bâtiment et de l’intérieur mérite une rénovation pour préserver le patrimoine. Il serait intéressant de lui redonner vie tout en conservant son style.

Adrien, 29 ans, pharmacien, Lyon


L’emplacement du Musée est exceptionnel, à la fois patrimonial et cour de ville, je verrais bien une rénovation en profondeur avec l’utilisation et l’apport massif de technologies innovantes.

J’ai le souvenir d’n grand musée accueillant une foultitude de papillons multicolores et d’animaux empaillés qui me faisaient rêver et voyager, musée où m’emmenait mon grand-père quand j’avais entre 5 et 10 ans: de très anciens et bons souvenirs !

Dans sa rénovation, je le verrais plutôt comme un ancien grand bâtiment industriel complètement remodelé et rendu très moderne en son intérieur comme on peut en voir dans d’autres grandes métropoles européennes (Londres, Lisbonne…).

Cyrille, gestionnaire de patrimoine, lyonnais de 39 ans habitant à Nantes.


Il faut construire un lieu vivant où toutes les innovations les plus récentes sont rendues accessibles (acculturation fonctionnelle) unitairement, face à tous les grands enjeux (environnementaux, societaux) sans réponse satisfaisante à ce jour, pour stimuler la conception de solutions innovantes, les évaluer avec des jurys professionnels, aider à les protéger et les incuber avec la bonne équipe et le bon réseau.

Pour comprendre où l’on va, il est bon de comprendre d’où l’on vient en comment nous avons associé par je passé différentes innovations pour répondre à différents enjeux fondamentaux.

Et comprendre aussi comment le partage et le transfert de la connaissance a pu évoluer au cours du temps.

Ce lieu est pour moi un ancien musée d’histoire naturelle, dont la collection à été intégrée au Musée des confluences.

Un musée centré sur l’innovation technologique, croisant expositions, colloques, accompagnements, et bases de connaissances, aurait à mes yeux toute sa place dans ce bâtiment. Le modèle économique avec probablement un mix de fonds privés et publics. Il doit être une source pour les entreprises innovantes pour prendre son sens.

Franck, 47 ans, Directeur offre conseil en innovation et transformation digitale, Lyon.


Les collections du Musée ayant été transférées à Confluence, pour faire bref je verrai surtout un lieu essentiellement tourné vers les nouvelles technologies… Faire un pont ou un lien entre la « Galaxie Gutenberg » que nous venons de quitter et la nouvelle « Galaxie du Village mondial » qui est désormais notre univers quotidien, qu’on le veuille ou non…

Le Musée Guimet évoquait surtout un musée à l’ancienne, certes charmant mais un peu poussiéreux !

Je verrai surtout quelque chose tourné vers le virtuel, la réalité augmentée, le transhumanisme, etc… Vu l’architecture du lieu, je reviens à l’idée de pont ou de passerelle… On partirait de l’écrit, de l’imprimé, d’une espèce de bibliothèque de Babel (celle de Borgès ou celle du Nom de la Rose d’Umberto Eco) pour plonger dans le monde de demain… L’idée de basculement me paraît capitale !

Alain, Antiquaire, 65 ans, Lyon.


Je mettrais en parallèle l’innovation technique, l’histoire industrielle, artistique, culturelle, etc…et l’histoire de la ville de Lyon. Les gens adorent qu’on leur parle de leur endroit d’autant qu’il ne me semble pas qu’il y ait ce genre de lieu à Lyon. Ce sera à mon avis assez facile à vendre aux institutions locales.

Pour moi le Musée c’est avant tout ma jeunesse. Des heures passées à rêver, à voyager, à imaginer le monde à un âge où on se construit et où on aime quitter le réel.

Je vois un tel projet en le rattachant aux acteurs locaux comme les artistes, les médecins, les chercheurs, les industriels… Pour la rénovation, je garde l’enveloppe et je rends l’intérieur ultramoderne.

Christian, publicitaire, lyonnais de 68 ans.